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Expatriation en Italie 2026

L'Italie a discrètement bâti, depuis 2017, l'un des écosystèmes fiscaux les plus élaborés d'Europe pour attirer les contribuables internationaux. Quatre régimes coexistent : forfait HNW relevé à 300 000 € en 2026, régime impatriati pour cadres qualifiés, flat tax 7 % pour retraités du Sud, régime forfaitaire indépendants. Chacun cible un profil précis. Bien choisir son angle est devenu, en 2026, un sujet de planification patrimoniale à part entière.
Edouard Binet
CGP Expat
Contenu

Pourquoi l'Italie redevient un choix patrimonial majeur

Stabilité juridique, palette de régimes, succession favorable.

Pendant longtemps, l’Italie a été perçue comme un territoire fiscalement lourd : IRPEF progressif, surtaxes régionales et communales, succession à six rangs, complexité déclarative. Cette réputation est dépassée. Sous l’impulsion des gouvernements Renzi puis Meloni, le pays a empilé depuis 2017 plusieurs régimes d’attraction destinés à capter trois profils distincts : les hauts patrimoines, les talents qualifiés et les retraités étrangers.

La Loi de Finances 199/2025 a marqué un point d’étape : à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, le forfait fiscal sur les revenus de source étrangère passe de 200 000 € à 300 000 € par an pour les nouveaux entrants. La hausse n’est pas rétroactive : les contribuables ayant transféré leur résidence avant cette date conservent leur forfait initial. Le régime n’est donc pas remis en cause — il est recalibré pour un public à très haut revenu.

Trois leviers à articuler

  • Le forfait HNW (art. 24-bis TUIR) : 300 000 €/an forfaitaire sur les revenus étrangers, durée 15 ans.
  • Le régime impatriati : 50 % d’exonération sur les revenus d’activité italiens (60 % avec enfant), durée 5 ans.
  • La flat tax 7 % pour retraités étrangers s’installant dans une commune de moins de 20 000 habitants du Sud, durée 10 ans.

À ces trois piliers s’ajoute un atout souvent sous-estimé : la fiscalité successorale italienne reste l’une des plus douces d’Europe pour la transmission en ligne directe.

Le forfait HNW : 300 000 € en 2026

Une réponse calibrée pour les patrimoines internationaux significatifs.

Le forfait fiscal italien, prévu à l’article 24-bis du TUIR, est la pièce maîtresse du dispositif. Il permet à une personne transférant sa résidence fiscale en Italie d’opter pour une imposition substitutive forfaitaire sur l’intégralité de ses revenus de source étrangère, indépendamment de leur volume.

Les conditions d’éligibilité sont strictes : ne pas avoir été résident fiscal italien pendant au moins neuf des dix années précédentes, et opter formellement pour le régime au moment de la déclaration de revenus. Le contribuable doit également sécuriser, le cas échéant, un titre de séjour adapté (Investor Visa, résidence élective, permis de travail). Une procédure de ruling auprès de l’agence des impôts permet de pré-valider l’éligibilité.

Le régime est valable jusqu’à 15 ans, avec extension possible aux membres de la famille moyennant un forfait additionnel de 50 000 € par personne. Les revenus de source italienne restent imposés au barème ordinaire. Les conventions de non-double imposition continuent de s’appliquer aux pays exclus du forfait, avec mécanique de crédit d’impôt classique.

Le calcul est simple : pour un patrimoine financier international générant 800 000 €/an de dividendes et plus-values, le forfait italien plafonne l’imposition à 300 000 €, soit un taux effectif de 37,5 %. Un même flux taxé en France au PFU serait soumis à 30 % auxquels s’ajoutent l’IFI sur le patrimoine immobilier et la CEHR. L’arbitrage devient particulièrement lisible au-delà de 1 M€ de revenus étrangers annuels.

Partir en Italie

Régime impatriati et flat tax retraités

Deux régimes plus accessibles, ciblés talents et pensions privées.

Le régime impatriati, refondu fin 2023, s’adresse aux salariés, cadres, dirigeants, indépendants qualifiés et entrepreneurs qui transfèrent leur résidence en Italie pour y exercer leur activité. La nouvelle version exonère 50 % du revenu d’activité de l’IRPEF italien (60 % avec un enfant mineur à charge), dans la limite de 600 000 €/an, pendant 5 ans, prorogeables sous conditions.

Les bénéficiaires doivent ne pas avoir été résidents fiscaux italiens pendant les trois années précédentes et s’engager à rester sur le territoire au moins cinq ans.

Pour un cadre français touchant 120 000 € bruts à Milan, l’imposition italienne porte alors sur 60 000 € seulement, ramenant la facture IRPEF à un niveau comparable, voire inférieur, à celui qu’il aurait subi en France à équivalent net.

La flat tax 7 % destinée aux retraités étrangers est plus exotique mais redoutablement efficace pour le bon profil. Elle applique un taux forfaitaire unique de 7 % à l’ensemble des revenus de source étrangère (pension, dividendes, loyers, plus-values) à condition de s’installer dans une commune du Sud de moins de 20 000 habitants – Pouilles, Calabre, Sicile, Sardaigne, Basilicate, Molise, Abruzzes, Campanie. Le régime dure 10 ans.

Comparatif retraite : France vs flat tax italienne

Pour une pension privée annuelle de 80 000 € :

  • En France (TMI 30 % + prélèvements sociaux) : ≈ 22 500 € d’impôt et contributions.
  • En Italie sous flat tax 7 % (commune éligible) : 5 600 € d’impôt forfaitaire.
  • Économie annuelle : ≈ 16 900 €, soit 169 000 € sur 10 ans.

Comme au Portugal, les pensions publiques françaises restent imposées en France au titre de la convention bilatérale de 1989. Seules les pensions privées et complémentaires basculent dans le régime italien. Le régime exclut également les revenus déjà perçus pendant les cinq années précédentes – ce qui interdit, en pratique, de basculer une rente déjà versée sous statut antérieur.

Italie : forfait, impatriés ou flat tax 7 % ?

Le bon régime dépend du profil de revenu, du calendrier de cession et de la structuration patrimoniale en amont du déménagement. Cadrons votre situation.

Attraits et points de vigilance

Atouts spécifiques de l'Italie

Quatre régimes complémentaires

Forfait HNW, impatriati, flat tax 7 %, régime forfaitaire indépendants : un dispositif pour chaque profil.

Succession en ligne directe très douce

Abattement de 1 M€ par enfant, taux de 4 % au-delà – sans comparaison avec les 45 % marginaux français.

Stabilité du forfait pour les bénéficiaires existants

La hausse à 300 000 € au 1ᵉʳ janvier 2026 ne s’applique qu’aux nouveaux entrants – sécurité juridique réelle.

Régime forfaitaire indépendants à 5 % puis 15 %

Pour les freelances dont le CA reste sous 85 000 €/an, fiscalité ultra-simplifiée.

Points de vigilance

⚠️ Quadro RW obligatoire

Tous les avoirs financiers détenus à l’étranger doivent être déclarés annuellement, avec sanctions lourdes en cas d’oubli.

⚠️ IVIE et IVAFE

Taxes annuelles sur l’immobilier et les actifs financiers détenus hors d’Italie : à intégrer au bilan d’opportunité.

⚠️ Forfait HNW exclusif

Non cumulable avec impatriati ou flat tax retraités sur la même période d’imposition : choix unique à faire.

⚠️ Conditions de résidence effectives

Inscription à l’Anagrafe et présence physique réelle : l’administration italienne contrôle les liens économiques effectifs.

Vivre en Italie expatrié (1)

Cas pratique chiffré

Entrepreneur cédant 12 M€, installation à Milan

Entrepreneur cédant, 56 ans, installation à Milan en 2026.

Considérons un entrepreneur français de 56 ans, qui vient de céder sa société pour 12 M€ nets de cession. Il envisage une expatriation à Milan début 2026. Il perçoit environ 600 000 € de dividendes annuels via une holding luxembourgeoise et 250 000 € de revenus locatifs étrangers. Il conserve un appartement à Paris loué 60 000 €/an.

L’option du forfait HNW à 300 000 € s’impose à l’analyse : les revenus étrangers cumulés (850 000 €) seraient sinon imposés à un taux marginal IRPEF de 43 % plus surtaxes, soit ≈ 380 000 € d’impôt italien. Le forfait plafonne à 300 000 €, soit un gain immédiat d’environ 80 000 €/an, qui s’amplifie au fil du temps avec la croissance attendue des dividendes.

Sur le volet patrimonial, un contrat d’assurance vie luxembourgeois souscrit avant le transfert de résidence permet de capitaliser la trésorerie de cession dans une enveloppe fiscalement neutre vis-à-vis de l’Italie : le forfait s’applique aux revenus étrangers, et la capitalisation interne du contrat n’est pas un fait générateur. Le client garde la main sur la gestion via mandat dédié, et la portabilité européenne du contrat sécurise une éventuelle relocation ultérieure (retour France, Suisse, Monaco).

Côté succession, le différentiel France-Italie est massif : transmettre 12 M€ à deux enfants déclencherait, en France, environ 4,5 M€ de droits ; en Italie, après abattement de 1 M€ par enfant et taux de 4 % au-delà, la facture tombe à 400 000 €. La planification successorale devient un argument central, à condition d’être anticipée plusieurs années avant le décès pour résister à toute tentative de requalification.

Le mot du Fondateur

L'Italie est probablement le pays européen qui a le mieux structuré son offre fiscale pour les expatriés à patrimoine significatif. ​

Là où le Portugal a fermé son régime emblématique, l'Italie l'a au contraire renforcé pour cibler une clientèle haute, tout en conservant des dispositifs accessibles pour les cadres et retraités du Sud. ​

Pour une famille fortunée internationale, le couple forfait italien et assurance vie luxembourgeoise constitue aujourd'hui l'une des structurations les plus efficaces d'Europe - sous réserve d'une analyse préalable rigoureuse de la résidence et du calendrier fiscal.
Edouard Binet
CGP Expat
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Avec une stabilité économique exemplaire, une régulation rigoureuse et une tradition de gestion patrimoniale, la Suisse constitue un lieu d’élection pour les expatriés.

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